L'œuf et le charabia
L'œuf et le charabia - modélisation
Modélisation
On appelle modélisation la représentation d’un phénomène complexe par une forme simplifiée. Si celle-ci ne fait qu’approximer ledit phénomène, elle permet toutefois de l’approcher, l'étudier, le comprendre voire le prédire sous certains aspects.On ramène donc une réalité bien trop vaste à envisager dans sa globalité, propre à inspirer toutes sortes de charabias, à une image accessible pour laquelle on saura tenir un discours cohérent, que l’on pourra ensuite confronter à ladite réalité.
Bienvenue en « Charabie »
Notre quotidien s’étire au milieu d’un vaste charabia.Considérons l’économie dont on nous inflige l’exposé à longueur de journée. Comment expliquer qu’avec de tels bataillons d’experts, contre-experts et sur-experts, non seulement l’instabilité ose se maintenir mais qu’en plus une partie des humains s’entête à être dépourvue de ressources ?
Au prétexte de nous éclairer, savants et « sachants » de tous ordres s’emploient à détailler l’épaisseur du brouillard existant, ajoutant une touche de complexité à la confusion déjà en place. Le sujet en reste tout aussi cafouilleux et imprévisible. D’ailleurs il n’est pas insensé de se demander, si malgré tout leur soin et leur bonne volonté, la chose économique ne s’assoirait pas sur leurs propos.
La politique étant en forte corrélation avec l’économie, elle est à bonne école pour une confusion toujours renouvelée. De toute façon tant qu’elle ne disposera pas de moyens à la hauteur ses nobles intentions, elle s’apparentera à l’art de piloter un navire dépourvu de gouvernail.
Ah ! Devenir pacha à la place du pacha… La liste est longue de ceux qui, dénigrant des autres les figures de style, veulent s’essayer aux commandes. Mais être aux prises avec une barre aussi lâche, peut conduire à l’exécution de multiples pirouettes. Si le candidat ne tarissait pas d’éloges sur le vert lorsqu’il trépignait d’attendre son tour, voilà qu’une fois promu il ne jure plus que par le gris. Par chacun de ses revirements le politique apporte la preuve qu’il est à cours de moyens pour peser sur la chose publique. S’il abreuve son auditoire de fumeuses idées et de cajoleuses promesses, c’est avant tout pour faire œuvre de spécificité. Il serait bien en peine de devoir les concrétiser.
Côté administré, la situation n’est guère plus franche. Chaque consultation démocratique est l’occasion de renouer avec son âme d’enfant. Grands yeux, grands espoirs, grand cœur, comme il est doux le temps d’une campagne de s’en remettre à quelqu’un fut-il bonimenteur. On nous vend, on nous vante, on nous donne tout, alors plus dur est le réveil. Vexé de sa propre naïveté, on passe du soutien indéfectible au rejet manifeste. L’encensé d’hier devient le honni d’aujourd’hui.
La politique prend place à la frontière de ces deux types d’illusions. À faire miroiter trop d’espoirs et flatter l’auditoire, on prépare le lit de sa déception. Cela conduit au rejet, la défiance et l’amertume. D’un pays à l’autre nous en avons toutes les nuances. On appelle cela la diversité du monde.
En termes de confusion, les religions ne se défendent pas mal non plus. Partageant le même but, on pourrait s’attendre, moyennant quelques détails, qu’elles offrent un seul visage et portent le même projet. Ah si seulement elles étaient limpides et tenaient à l’égard de tous un même et charitable discours !
Au lieu de cela, elles semblent se lover sur elles-mêmes, plus soucieuses de justifier de leur importance que d’incarner les principes qui les sous-tendent. Elles donnent même l’impression de s’épanouir dans l’excès de temporalité. En effet est-ce aider, soutenir ou relever les hommes que les juger ou les exclure à tour de bras ? La compassion indifférenciée envers tout humain n’est peut-être pas au-delà de leurs forces mais n’apparaît pas comme leur priorité. Dommage !
Pourtant la religion côtoie peut-être la seule permanence qui contemple les siècles. Evidemment de nos jours, régulé et standardisé, le quotidien des hommes est dénué de fantaisie. Au nom du réalisme, l’époque déconseille d’aller musarder là où il n’y a pas espoir de bénéfice palpable. Alors pourquoi s’encombrer pour ce qui relève si ce n’est du mythe au moins de l’histoire ancienne ? Imaginez combien il serait incongru et déstabilisant d'avoir à se résoudre que depuis le fond des siècles, nous sommes accompagnés de la constance et l’humilité d’une présence proche.
Par leurs certitudes, leurs réprobations et leurs interdits, les religions n’élèvent pas au rêve. Au lieu d’accompagner les hommes, lorsqu’elles ne les embrigadent pas, elles les détournent et les découragent. Il n’est nul compas nulle boussole lorsqu'on croise en mer de « Charabie ».
Human charabia
Mais le phénomène ne s’arrête pas là. Au-delà des exemples cités, le charabia s’invite indistinctement dans toute construction humaine. Mais où donc prend-il sa source ? Comment fait-il pour s’immiscer dans le moindre de nos assemblages ?Une raison toute simple pourrait permettre non seulement d’expliquer son existence mais aussi de ne pas décrier toute initiative humaine. Chacun de nous, aussi fier soit-il de l’expression de sa personne, aussi sincère soit-il dans la tenue de ses propos, pourrait ne prendre appui que sur un magma de charabia. Tous nos agissements et nos décisions n’adresseraient en fait que la croûte ou l’écume du chaudron de confusion qui nous constitue. Nous sommes persuadés de connaître la personne sur laquelle nous sommes fondés mais rien n’est moins sûr. Partagé, chancelant, influençable, chacun sert au quotidien un spectacle d’être épidermique sans grande constance ni consistance. Ce que je signe aujourd’hui pourrait être tout autre demain.
Il est vrai, sait-on pour le moins ce qu’on aime ? Sait-on ce que l’on veut ou ce que l’on cherche ? Est-ce que j’adhère vraiment à tout ce que je fais ? Se raccrocher à des schémas de pensée permet de s’affranchir de nombre d’obligations. Nous servons des réponses succinctes au présent, pansant l’urgence mais le pensant peu. Chacun y va donc de sa petite touche alimentant le n’importe quoi.
Voilà donc la source de tous les charabias, l’humain. Ne sachant pas qui il est, il se répand en tous sens. Une fois n’est pas coutume, essayons de le contenir. Nous allons tenter de le décrire, le cerner, le simplifier autrement dit le modéliser.
Un modèle pour tous
Nous voilà donc face à un machin extrêmement difficile à cerner, un être mouvant à la fois dur et doux, élastique et malléable, aussi souple que rigide, pesant ou aérien, capable de générer aussi bien le rêve que le cauchemar.Prendre le parti d’une analyse détaillée du phénomène, c’est embarquer pour un océan de blablas et de considérations oiseuses. C’est la garantie de naviguer entre les « pourquoi du comment du parce que » jaillis d’une démarche scrupuleuse et méthodique mais qui de l’homme ne peut délivrer qu’une approximation suggestive tant celui-ci est divers et bouillonnant. Dans cette voie, on a toutes les chances de saouler son auditoire et se perdre dans les méandres de son propre cheminement avant même d’avancer le moindre éclairage.
Le propos n’est donc pas de chercher à tout expliquer mais fournir un cadre général qui ne ferme la porte à aucune de nos fantaisies. À quoi donc ramener l’homme ? Quelle image familière lui superposer ? Nous voilà face à un machin bien délimité avec tout du bazar dedans, une croûte dont l’intérieur serait tout en mélange comme dans une omelette. Oui tiens, comme un œuf mais qui serait tout secoué de l’intérieur, un pur méli-mélo sous une avenante coquille.
Mais c'est vrai, ne devrions-nous pas nous présenter comme « homelette ou hommelet » ? C’est-à-dire non pas des hommes de fait mais des gourds disposant de tout pour le devenir ? Dans cette condition d’hommelet, « être ou ne pas être un homme » serait la question. Sortie de la boutade, choisir un œuf pour modèle a-t-il quelque sens ?
L’œuf usuel renferme en son sein deux natures bien distinctes, le blanc et le jaune. Ramener l’homme à une forme organisée autour de seulement deux composants, n’est-ce pas le réduire et l’outrager ?
Les vétilleux s’en offusqueront certainement clamant haut et fort qu’il en mérite bien davantage. Pourtant la dualité nous accompagne et réside au cœur de nos raisonnements. Il y a « ce que je vois et ce que je ne vois pas », « ce que je sais et ce que j’ignore ». Sans pour autant la déprécier, toute chose observée à la lumière d’un critère s’expose donc comme la réunion de son expression et de son complémentaire. L’approche est simpliste mais elle n’est pas erronée en soi.
Ainsi est-il choquant de suggérer que l’homme renferme en son sein deux pôles de natures différentes dont les combinaisons justifieraient à elles seules l’intégralité des comportements humains ? Après tout le codage informatique ne s’exprime-t-il pas en une combinaison de 0 et de 1 ? Est-il donc si insupportable de ramener toute action humaine à un entrelacs de seulement deux bases ?
Au fil des siècles, on a souvent passé l’homme au crible du « bien et du mal » ou du « bon et du mauvais ». Cependant dans ces démarches empreintes de manichéisme, on cherchait davantage à établir des lignes de fracture et classifier les hommes qu’à en apaiser le bouillonnant mélange. Le principe du yin et du yang plus subtil et nuancé offrait déjà une vision plus aimable des choses et donc de notre réalité.
Œuf sélectionné
Même s’il est basique, le modèle s’avère recevable. L’œuf est donc sélectionné. Faisons plus ample connaissance, que nous inspire cette coquille ?Tout d’abord, l’œuf est promesse de nouveauté. « Quelle surprise se trame dans cette petite chambre ? Que va-t-il en éclore ? De quoi va-t-elle nous gratifier ? »
« Œuf des villes ou œuf des champs ? » De la même manière il y a des humains qui pensent et soupirent en batterie et d’autres qui s’éclairent et respirent au grand air.
Un œuf, seul dans son coin ne rime à rien, il ne tient pas même debout. Il a besoin d’être rapproché de ses congénères. Mais attention regrouper ne signifie pas mise en boîte ou parcage en cases.
Côté cuisine, l’œuf est de tous les exploits. Sucrés ou salés, il prend part à de nombreux mets, plats ou desserts. Quant à l’homme, doucereux ou piquant, nul ne sait ce qu’il va inscrire à son menu. Il mixe ses spécialités au jour le jour, de la plus délicate et raffinée à la plus lourde et déplacée.
Dans cette représentation de bonhomme, saurait-on tirer parti de quelques expressions ?
« Marcher sur des œufs ». Si nous en étions encore aux glorieuses heures de l’esclavage ou de toute forme d’exploitation humaine, cela signifierait « piétiner allègrement des humains ». Seulement convenons-en, cette période est heureusement depuis longtemps révolue. Le sens tournerait donc à « lorsqu’on traite avec des hommes on ne sait jamais où on met les pieds ».
« Qui vole un œuf, vole un bœuf » porte la même idée. Méfie-toi, garde-toi de voler ou bafouer un homme. Tu crois te jouer ou abuser d’un mignon petit œuf, mais c’est soudainement un gros bœuf que tu pourrais trouver dans ta poche ou face à toi.
« Tout beau tout n’œuf ». Garde toujours à l’esprit l’espoir d’un nouveau départ pour tout humain. Tu n’as pas idée de ce que ton œuf embarque. À tout moment, l’homme est capable de surprise et de beauté.
« Un vieux four est plus aisé à chauffer qu’un œuf ». Le vieux four connaît son travail et sait pourquoi il est là. L’œuf humain est partagé et capricieux. Il lui est difficile de s’enflammer.
« Tuer dans l’œuf ». Cette expression est née d’une erreur typographique et cette coquille perdure. L’expression originelle est « Tu es dans l’œuf ». Voilà qui souligne non seulement que notre modélisation n’a rien inventé mais qu’il ne dépend que de toi de grandir. Elle est aussi parfois confondue avec sa consœur « mourir dans l’œuf » . Cela traduit que l’homme reste toute son existence, troublé et prostré en sa coquille, incapable d’en sortir et de comprendre quelque chose à la vie.
Voilà qui consolide la légitimité de notre modèle, mais saurait-on aller au-delà ? En quoi se considérer comme un œuf en mélange peut être utile ?
Fêler l’œuf
Il est important de savoir à qui on a affaire au quotidien.« Plein comme un œuf ». L’homme se considère comme un monobloc plein et sûr de lui-même. S'il offre à l’extérieur un beau crâne d’œuf propre, lisse et dur, à l'intérieur quel gourbi !
« Dis voir à chaque fois que tu en sors quelque chose, que tu fais une mouillette, à quoi cela ressemble-t-il ? N’as-tu jamais remarqué que ce n’était autre qu’un glaireux mélange ? »
L’homme est brouillé en son intérieur. Dès la petite enfance, les choses apparaissent confuses. L’existence serait-elle l’occasion de clarifier le blanc du jaune ? Mais alors une vie suffirait-elle à obtenir un œuf miroir ?
Nous vivons dans un grand écart permanent, les pieds sur terre, la tête au ciel.
Nous sommes accros au matériel, au tangible, au visible. Cependant, comme s’il s’agissait de légitimer nos initiatives, grandeur ou vérité, nous cherchons à accrocher à tout ce que nous entreprenons une certaine hauteur.
La chose est en fait subtile. À l’image des sucettes tortillons, les briques sur lesquelles nous nous appuyons pour élaborer nos choix et bâtir nos actions sont toutes constituées d’un mélange de temporel et d’absolu.
Comment ne pas être le jouet de cette alliance ? Il n’est pas aisé de faire la part des choses. Les propriétés de l’alliage, sa plasticité ainsi que notre capacité à le travailler et l’amender portent un seul nom, l’ego. L’ego fournit donc et la matière première de cet entortillement et la main d’œuvre pour la travailler.
Cette condition conduit à des invraisemblances. L’un aspire à réformer l’organisation des hommes mais plutôt que s’attacher au pragmatisme et garder un œil sur la dignité humaine, il préfère s’en remettre à des dogmes et faire allégeance à diverses théories. Un autre ne jure que par le spirituel mais il l’aborde et en discourt comme s’il s’agissait de n’importe quelle denrée. Tout y passe, puissance, domination, soumission, rapport de force et pourquoi pas, part de marchés. Patati et patata, charabia nous y voilà !
Au plus près de notre œuf, le blanc pourrait être regardé comme l’avoir, transparence à acquérir, tandis que le jaune enfoui au cœur figurerait l’être, rayonnement à rassembler. La coquille marque la limite de notre personne, signant son indépendance et son intégrité.
L’avoir c’est les pieds sur Terre. Il assure le support, le contact, l’interfaçage à la matière. C’est notre boîte à être. En matière de boîtes, le stylisme est infini. Il en existe de toutes tailles, couleurs, aspects, sexes, cultures et confessions.
Notre quotidien s’apparente donc à un jeu de boîtes. On côtoie des boîtes, on en rencontre, on s’y confronte. On travaille, on se lit d’amitié, on se fâche avec des boîtes. On peut même faire la guerre à des boîtes mais là c’est à se demander s'il n'y a vraiment qu'un seul idiot par boîte.
Chacun est attaché à sa boîte et s’y identifie. Mais a-t-on vraiment autre choix ? Alors face au miroir, on se congratule, on se remettrait presque une décoration. « Ma boîte à moi, elle est vraiment bien et même bien mieux que celle des autres ! »
Du point de vue de l’être, l’avoir est comme un scaphandre. S’il défaille, l’être perd pied sur Terre et s’évapore. Mais qu’est-ce que l’être, à quoi ressemble-t-il ? Si l‘on disposait d’un miroir intérieur, que découvrirait-on ? Un corps recroquevillé et tout fripé comme un nouveau né resté confiné trop longtemps dans le ventre de sa mère ? Un prisonnier désabusé et malingre prostré dans un coin de cachot ?
Cela appelle une autre question, l’être est-il vraiment utile ? A-t-on vraiment besoin d’être au quotidien ? Ne serait-il pas plutôt cause de désagréments que source de bienfaits ? Si nous n’étions que des boîboîtes matérielles, ne serions-nous pas moins partagés, du coup moins soucieux et plus heureux ?
Telle n’est pas la donne. Nous sommes donc condamnés à le supporter. Mais est-ce si terrible fardeau que de vivre à tenter de le dépêtrer ? La vie ne serait-elle qu’embrouille ? Ce n’est peut-être pas contre l’être que nous devons pester mais plutôt l’idée que nous nous en faisons et la manière de l’aborder.
L’œuf fin mot
Le propos sur notre dualité intrinsèque est confus et l’œuf vous laisse sur votre faim ? D’autres pistes sont prêtes à alimenter la réflexion.Notre propre imbroglio et celui du monde n’ont pas échappé au sage Caliméro. Pour cette raison, il ne se montre jamais sans arborer sur la tête une demi-coquille. Par là il se rappelle à lui-même et signifie à tous, ce que nous sommes et d’où nous venons. C’est aussi une manière de pointer le côté partagé du monde et l’injustice qui en découle.
« Le chant du coq qui ponctue le reniement de Pierre ». Là, c'est clair. Inutile de contester, ça sent l’œuf ! Car qui dit coq, dit poule pas loin et qui dit poule, dit œuf. CQFD.
« Les œufs de Pâques » sont une allégorie et une invitation. Ah, si les hommes portaient en leur être autant de douceur et de bienfaits que des œufs en chocolat ! Pour autant, je ne suis pas sûr qu’en consommer en quantité suffise à nous rendre affables.
Lorsqu’on dispose d’un nouvel outil, on ne peut s’empêcher de le tester contre tout et n’importe quoi. Or si les hommes aspirent à battre des records, ils aiment également à se frotter aux mystères. Armés de notre nouveau joujou, approchons-nous donc de quelques phrases sibyllines.
« Il faut faire le un deux et le deux un »
Cette sentence se prête certainement à divers contextes et supporte de fait plusieurs acceptions. Risquons-en une qui reste dans la veine de notre propos.
L’homme n’est pas un monobloc. L’ « hommelet » doit chercher à dé-mélanger sa mixture. Pour autant qu’il essaie, s’il parvient à distinguer deux pôles, qu’il ne cherche ni à les opposer ni à les confronter.
La condition humaine est un tout qui passe par le corps. Aussi déconsidéré soit-il par certains, notre corps est notre amarre au monde. C’est en lui et par lui que s’éveille et grandit notre esprit. Il n’est pas notre ennemi. Nous n’avons pas à le combattre, le faire souffrir ou lui faire payer nos manques. Nous pouvons toutefois l’exercer comme on entraîne et ménage sa monture. Nous ne devons pas non plus nous en remettre qu’à lui.
« Avant d’exister, je suis »
L’avoir est propre à la Terre et coche toutes les contraintes d’existence mais peut-être que l’être pourrait supporter un autre port d’attache.
« Il faut naître d’en haut »
La forme humaine ne justifie pas tout. En son mélange, elle est peut-être une invitation à mettre à nu un autre type d’existence. Mais rien d’exceptionnel à cela. Ne dit-on point « rendre l’esprit » ? Ou encore « ici bas, il n’est plus » ?
« Ce que tu fais au plus petit, tu me le fais aussi »
Aussi insignifiant que te paraisse un humain, en s’en prenant à sa coquille tu maltraites la part d’être qu’il porte. Or si l’avoir est ton bien propre, l’être pourrait bien déborder de ta personne. Dans ton ignorance, tu serais avisé d’accepter qu’une invisible interconnexion puisse tous les unir.
Du fond de son incroyable embrouillamini, chacun pourrait donc embarquer une connexion innée à la beauté, un lien indicible et inaliénable à ce qui est. Mais du haut de son œuf, Hommelet s’applique à retourner la Terre à la conquête de toutes sortes de biens. Tant de temps passé à la maltraiter et la spolier alors qu’il est peut-être assis sur son trésor.
La condition d’œuf n’est pas si simple. Qu’en sortira-t-il ? Dans l’immédiat qu’au pays des hommes, on s’aide, on s’entraide, on se comprenne.
Voilà qui termine cette divagation. Elle illustre que lorsqu’un objet d’étude est trop complexe et nébuleux à étudier, on ne perd pas totalement son temps en le ramenant à une forme plus simple et familière. Le système retenu semblait de prime abord ridiculement simpliste. Cependant il a permis pas à pas de poser quelques idées et pousser des portes. Il avance même une explication à « Pourquoi l’homme, c’est pas du gâteau ? ». D’ailleurs histoire de tourner la page, je vais aller en faire un. Mais, une question me retient… combien d’œufs ?